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 De nouvelles fouilles pour 2014 - 2018

Le programme scientifique de ce projet de fouille qui concerne la mise au jour des vestiges des habitations « canoniales » ainsi que des infrastructures nécessaires à la vie de la communauté monastique augustinienne installée à l’intérieur de l’enclos matérialisé par le rempart, souhaite examiner les différentes modalités de ces installations sur une échelle temporelle large (du haut moyen-âge à l’époque moderne) et dans les domaines de la vie quotidienne et artisanale (culture matérielle) mais aussi envisager une approche sociétale de la vie communautaire à travers la mise en évidence de ses traits particuliers (vestiges spécifiques, topographie des espaces, particularités des règles monastiques…).

 

La démarche entreprend de croiser les textes et les faits archéologiques à partir de données connues (inventaire de 1751). Le chantier dirigé par un professionnel de l’archéologie, souhaite s’ouvrir aux jeunes ainsi qu’aux passionnés du village autour du projet porté par l’Association des Amis de Saint-Amand-de-Coly en collaboration avec la Municipalité.

 

 

 

Le programme scientifique de ce projet de fouille qui concerne la mise au jour des vestiges des habitations « canoniales » ainsi que des infrastructures nécessaires à la vie de la communauté monastique augustinienne installée à l’intérieur de l’enclos matérialisé par le rempart, souhaite examiner les différentes modalités de ces installations sur une échelle temporelle large (du haut moyen-âge à l’époque moderne) et dans les domaines de la vie quotidienne et artisanale (culture matérielle) mais aussi envisager une approche sociétale de la vie communautaire à travers la mise en évidence de ses traits particuliers (vestiges spécifiques, topographie des espaces, particularités des règles monastiques…).

 

La démarche entreprend de croiser les textes et les faits archéologiques à partir de données connues (inventaire de 1751). Le chantier dirigé par un professionnel de l’archéologie, souhaite s’ouvrir aux jeunes ainsi qu’aux passionnés du village autour du projet porté par l’Association des Amis de Saint-Amand-de-Coly en collaboration avec la Municipalité.

 

Outre un intérêt pour la culture matérielle monastique, cette opération souhaite porter une attention toute particulière aux ressources naturelles mobilisées à l’intérieur du complexe monastique pour assurer sa subsistance ainsi qu’à leur stockage. Par exemple, le remplacement de la viande par du poisson à certaines dates de l’année pourrait s’accompagner de la consommation d’autres espèces animales locales comme les écrevisses (mais afin de parvenir à mettre leurs restes en évidence il faut prévoir de tamiser le sédiment archéologique avec un tamis à maille de un millimètre !).

 

Les quelques sources historiques disponibles nous apprennent que la vie communautaire n’a sans doute pas duré très longtemps. Les graves désordres engendrés par la longue suite de guerres dites de « Cent ans » ont certainement ruiné fortement l’infrastructure communautaire initiale. Ainsi en 1751, un texte nous renseigne sur les trois maisons de chanoines encore présentes dans l’enclos. Ces informations serviront de point de départ pour une démarche de type régressive, à partir des traces du bâti le plus récent vers la topographie religieuse ancienne.

 

Une de nos problématiques est donc de dater, avec la meilleure précision, ces phases de modification de l’organisation interne. Il faut donc s’attendre à trouver de petites habitations isolées, installées dans l’enceinte ou bien des bâtiments conventuels collectifs.

 

Néanmoins, l’éloignement des dortoirs et de la salle du chapitre ainsi que du cloître, nous place peut-être dans une zone périphérique où pourraient se rencontrer des activités artisanales exercées par des laïcs. Il s’agit là d’un domaine fort peu étudié et l’on peut attendre des résultats intéressants si les vestiges sont assez bien conservés.

 

D’autre part, le site de fouille choisi pourrait correspondre à un emplacement particulier, lié sans doute à la présence d’une salle d’apparat ou de réception, une imposante cheminée est partiellement visible dans la maçonnerie interne du mur d’enclos.

 

La seconde phase est marquée par le déplacement de cette pièce au-dessus de l’entrée de la Porte de Salignac, sans doute dans le courant du XIIIe s. voire au tout début du XIVe s. Ensuite, une phase tardive verra l’installation d’une baie géminée au remplage polylobé (XVe ou XVIe siècle). L’interprétation des vestiges inférieurs (pièce allongée en partie identifiable grâce aux trous de poutre des solives du plancher) renvoie alors à une fonction de cuisine ou bien d’entrepôt de stockage de vivres.

 

La présence en partie supérieure d’un escalier de pierre permettant d’accéder au chemin de ronde crénelé, mis en évidence lors des travaux de 1992, pourrait aussi faire pencher l’interprétation vers un espace de garnison pour les hommes chargés de la sécurité du monastère en temps de trouble.

 

Il faut également noter la présence d’une latrine individuelle, installée dans l’épaisseur de la maçonnerie ouvrant au niveau de l’étage planchéié de notre espace d’étude et s’épanchant vers la colline.

 

Ces éléments démontrent le potentiel de cette partie choisie comme sujet de notre recherche pluridisciplinaire, mais qui risque de nous apporter d’autres surprises.

 

L’un des attendus de la fin du programme sera d’accéder peut-être aux vestiges d’édifices antérieurs appartenant aux phases primitives de l’organisation du monastère.

Et même, s’il semble difficile d’approcher les niveaux des tous premiers temps (fondation probable à la fin du VIe siècle), il est possible d’espérer reconnaître des phases des Xe s. ( ?) et XIe siècle (première moitié, sans doute) en fonction de la conservation des structures ou au moins d’une partie de la culture matérielle de ce premier Moyen-Âge monastique périgourdin.

 

La topographie du site, installé partiellement à flanc de colline, nécessitera des terrassements et des accès à plusieurs niveaux qui seront sécurisés en collaboration avec la Municipalité associée au projet. Ce dernier élaboré sur une durée de cinq années sera évalué annuellement selon des modalités en cours de définition.

 

Pour l’équipe scientifique : Pierre-Marie Blanc, Archéologue, ingénieur de recherche CNRS, UMR 7041 ArScAn, responsable de l’équipe Archéologie du Proche-Orient hellénistique et romain, titulaire de 2 autorisations de sondage sur le site de Saint-Amand-de-Coly en 1980 et 1992, et président de l’Association des Amis de Saint-Amand-de-Coly.