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CHANTIER DE FOUILLES

Les projets archéologiques de l’été 2022

Sous réserve de l'approbation de la municipalité et des autorisations des autorités archéologiques compétentes de la Direction des Affaires Culturelles de Bordeaux (service de l’archéologie), le programme de travail du chantier archéologique de l’été 2022 à Saint-Amand-de-Coly se déroulera sur trois parties de l’enclos monastique.

Partie 1 :

En premier lieu, la mise en valeur des vestiges de la partie nord du mur d’enceinte de cet enclos. Un désherbage soigneux sera réalisé sur toute la longueur visible, soit une cinquantaine de mètres, à partir du chemin communal longeant les restes de murs, mais aussi en surface de son emprise ainsi qu’à l’intérieur.

En complément de cette redécouverte, nous voudrions rendre à l’espace intérieur nord de l’enclos un peu de son aspect ancien en effectuant, à la main, le dégagement des déblais accumulés à partir des années 1870, par l’abbé Carrier. En effet, un vaste et abrupt monticule provient des terres amoncelées contre les murs de l’église abbatiale au nord et à l’est, sur une hauteur, disait l’abbé Carrier dans ses courriers, « de 2 à 10,5 m » !

Ce dégagement devrait améliorer la vue latérale de l’édifice, à l’image de ce qui a été réalisé voici quelques années au-dessus de l’ancien cimetière paroissial, entre le transept nord et la nef. Le décapage sera réalisé depuis le point supérieur en examinant soigneusement les artefacts qui pourraient encore se trouver dans ces déblais accumulés rapidement à la fin du XIXe siècle.

Ainsi nous pourrions collecter des tessons de poterie, du verre, des restes de faune (animaux consommés), des fragments de blocs sculptés, voire peut-être des monnaies ou encore des sceaux comme celui retrouvé dans les années 1930, au sud. Ces objets auront malheureusement perdu leur localisation originelle du fait de la méthode de travail de nos prédécesseurs, et du coup, ils auront perdu beaucoup de leur valeur scientifique, mais il est néanmoins important de les conserver afin d’élargir la palette des objets ayant été en usage au cours des siècles dans le monastère.

Partie 2 :

Un autre chantier, consistera dans le nettoyage des herbes ayant colonisé les murets de pierre élevés à la fin du XIXe siècle par le toujours très actif abbé Carrier, qui souhaitait ainsi protéger ainsi son œuvre de déblaiement. Ces murs sont bâtis de manière assez rapide avec les pierres issues des déblais et peu de mortier de chaux, pour améliorer leur stabilité, ils ont été édifiés avec un léger « fruit », c’est-à-dire qu’ils ne sont pas verticaux afin de renforcer leur résistance aux poussées des terres restantes.

Lorsque leur hauteur dépasse 2,5 mètres, une terrasse est ménagée et le mur est construit en retrait d’un mètre. Ce dispositif défini ainsi des sortes de plateformes, où poussent aujourd’hui de délicieuses fraises des bois, mais que l’abbé Carrier avait imaginé formant un cheminement permettant d’admirer le monument !

Cette volonté a été contrariée par la réalisation, dans les années 1920, d’une série de 4 arcs boutant destinés à renforcer ces murailles en s’appuyant sur le monument lui-même. Dans ce projet de l’architecte Henry Rapine, le chemin dégagé par l’abbé Carrier devenait une vaste canalisation permettant aux eaux de pluie d’évacuer le pied des murs.

Afin de manifester notre reconnaissance aux efforts continus de l’abbé Carrier pendant les quelques 33 années de sa présence, pour la sauvegarde de l’abbatiale, l’association des Amis de Saint-Amand-de-Coly a décidé en 1999, au centenaire de sa disparition, d’apposer une plaque commémorative sur le mur qu’il avait contribué à faire édifier et célébrant le « chemin » qu’il avait tracé au profit du patrimoine collectif.

 

Ces espaces ne sont plus entretenus depuis le début du chantier de restauration en 2015, car ils étaient rendus inaccessibles pour des raisons de sécurité. Rendons-leur leur sobriété minérale !

 

Passons au sud, dans le couloir symétrique de celui que nous venons de quitter, se situent les vestiges du cloître du monastère ensevelis sous le sol actuel et surtout la cour de l’école municipale édifiée entre 1874 et 1879, au grand dam des amateurs d’art de l’époque (le docteur Galy en particulier dès 1865 !).

Le projet de rendre prochainement accessible l’intérieur de l’édifice aux personnes à mobilité réduite en aménageant des rampes adaptées compromettra de manière irréversible le travail archéologique qu’il faudrait pouvoir entreprendre afin de mieux cerner le développement des galeries du cloître que l’on connait par mon sondage de 1980. En effet, à cette date, je n’avais pu réaliser qu’un seul sondage d’un mètre sur deux, permettant néanmoins de préciser la position du mur bahut portant la colonnade définissant une galerie supportant l’étage du cloître. Ce dernier est connu par des textes et les traces conservées par les murs.

C’est pourquoi nous proposons dès cette année, la réalisation de 3 sondages archéologiques (1x2 m) afin de pouvoir définir avec précision ses limites ouest et sud ainsi que la forme de la galerie est du cloître et évaluer la pertinence d’une opération plus importante.

 

Partie 3 :

La troisième zone d’opération, concernera la préparation de l’extension du chantier amorcé de 2015 à 2017. Afin de permettre une fouille en aire ouverte, il convient de pouvoir évacuer plus de 60 cm de terres de déblais recouvrant les niveaux archéologiques et étalé à cet emplacement à la fin des travaux de restauration du mur d’enceinte est en 1994. La surface ainsi dégagée autorisera une reprise rapide et efficace de la fouille l’an prochain.

 

En effet, afin de pouvoir étudier finement l’évolution des constructions successives à cet endroit, habitat monastique de qualité des XIIIe et XVe siècle puis maisons canoniales individuelles à partir du XVIe siècle, il est nécessaire de disposer d’une surface d’environ 100m2 complétant les surfaces déjà ouvertes. Ce dégagement à l’aide d’une petite pelle excavatrice se déroulera sous strict contrôle archéologique.