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Le Blog


Photo de l'Abbaye de Saint-Amand-de-Coly vue du ciel

Abbaye de Saint-Amand-de-Coly vue du ciel. Photo : Déclic & Décolle



Archéologie à Saint-Amand-de-Coly,

Quoi de neuf en 2023 ?



Notre association continue ses recherches archéologiques sur le site de l’abbaye de Saint-Amand-de-Coly afin d’approfondir les connaissances sur ce lieu. Le programme fut assez dense cette année, puisque 3 travaux se sont succédés :



Voici quelques nouvelles des résultats de ces travaux, par Pierre-Marie Blanc, archéologue et président de l'association :




1. Prospection géophysique à l’intérieur de l’église abbatiale et de l’enclos monastique


Guillaume Bruniaux prépare l’appareil dans l’abbatiale vide. L’appareil, sur quatre roues, est se pousse manuellement, avec un ordinateur pour visualiser certaines données.
Guillaume Bruniaux en action. Photo : P.-M. Blanc

Tout d’abord, en février, Guillaume Bruniaux est intervenu pendant la première semaine des vacances de février pour engager une prospection géophysique à l’intérieur de l’église abbatiale, mais aussi dans les deux cours de l’école.


Cette prospection utilisait un géoradar (appareil envoyant à l’aide de 2 antennes des ondes qui pénètrent le sol, la durée de leur retour vers l’appareil renseigne sur la nature des sédiments rencontrés et leur profondeur) permettant d’identifier des différences dans les matériaux situés sous le dallage, remblai homogène de terre ou de cailloux, voire des vides (cavités ou tombeaux), mais aussi des murs ou des structures bâties.







La fréquence des antennes utilisées autorise une profondeur d’investigation d’environ 3m, la méthodologie choisie fourni des lignes de mesures dans un plan vertical espacées tous les 25 cm. La mise en ordre des mesures et leur analyse est un processus très long, mais nous avons obtenu déjà quelques résultats que je souhaitais partager avec vous dès maintenant.


Le financement de l’étude a été assuré par le service de l’archéologie de la DRAC Nouvelle Aquitaine, la location de l’appareil auprès du CNRS étant acquittée par notre association.



Photos : P.-M. Blanc


La figure suivante est une capture de l’animation produite par Guillaume, située à environ un mètre de profondeur cette image montre plusieurs anomalies intéressantes. Mais tout d’abord, si vous reconnaissez la silhouette du plan de l’église abbatiale, le décalage des relevés des absidioles ou du chœur est dû au fait qu’ils ne sont pas dans la même continuité que le reste de l’édifice. L’interprétation est délicate et doit être affinée !



Imagerie du sol de l’abbaye, représenté par des milliers de petits rectangles, allant du blanc au noir selon les résultats.)


à gauche : Acquisition et traitement géoradar G. Bruniaux (à environ 1m de profondeur).

à droite : Description des parties de l’église ajoutée sur le plan de 2015 R. Douaud, J. Juire, P.-M. Blanc.


Une lecture rapide permet de reconnaître dans les zones noires aux franges du transept nord et des piliers nord, sud-ouest de la croisée, les fondations débordantes de cette partie de l’église. Par ailleurs d’autres vestiges inscrits dans une orientation différente, semblent apparaître dans l’avant-chœur, mais aussi traversant le transept sud et la nef... Il reste beaucoup d’incertitudes quant à ou aux interprétations que l’on peut faire de ces anomalies ! Mais c’est tout le plaisir de la recherche archéologique, se tromper beaucoup et avoir raison quelquefois...

Nous sommes aux toutes premières remontées de cette étude, il nous faut maintenant attendre la synthèse en 3 dimensions pour faciliter les interprétations.



 

2. Poursuite du dégagement du mur de courtine nord de l’enclos monastique


L’autre importante activité de l’année aura été la poursuite du dégagement du mur de courtine nord de l’enclos monastique. Fort ruiné, il était peu visible ces dernières années, recouvert d’un épais tapis de végétation herbacée et arbustive (maudits noisetiers !), sans parler du jeune chêne installé presque au sommet, au voisinage de l’angle nord-est de l’enclos.


Après un premier désherbage en 2021, un premier décapage avait été autorisé en 2022 sur une portion test à proximité de la petite porte moderne révélant une disposition en arêtes de poissons des blocs du remplissage du noyau du mur liés par un mortier jaune entre deux parements de moellons dressés mais récupérés. Cette opération avait également, immédiatement permis de reconnaître une série de blocs affleurant le niveau du sol et constituant la limite du parement interne du mur de courtine et donnant son épaisseur : 2,10 m.



Vue aérienne avec tracé des zones de fouille 2022 et 2023 le long du rempart.
Vue aérienne. Photo : Les Amis de Saint-Amand-de-Coly

Les travaux de cette année, se sont inscrits dans la continuité de ce premier examen, sur une douzaine de mètres vers l’est. Nous avons ainsi pu documenter plusieurs réfections dont une avec des pierres probablement liées à la terre, remplaçant un parement disparu. Nous avons néanmoins pu mettre au jour, à l’extrémité est, trois assises fortement liées par un mortier très dur plus orangé que celui du noyau (3 prélèvements réalisés) mais seulement visibles sur un mètre de longueur, suggérant, peut-être, que nous soyons en présence d’un vestige de tronçon entre deux chaînages verticaux réalisés en blocs plus intéressants à récupérer. Cette spoliation se présente en plusieurs phases que nous devrons préciser.


Parmi le matériel récolté lors de la fouille manuelle ou lors du tamisage systématique, notons la présence de nombreux vestiges osseux de faune ou humain (présence du cimetière paroissial immédiatement au sud, de nombreux fragments de verre plat moderne ou ancien (sodique épais avec parfois des traces de grisaille), de fragments de céramique de toute petite taille, des éléments en fer et de nombreux fragments de mortier appartenant à la destruction du mur mais aussi des fragments de mortier à tuileau et de quelques fragments de tuiles à rebord de tradition romaine.


Cette année, deux monnaies ont été recueillies, en cours de traitement au laboratoire départemental Arc Antique de Nantes. Grâce à l’amitié de Stéphane, la première a déjà été identifiée par Gildas Salaun :



Denier d’argent restauration et photographie Stéphane Lemoine, identification numismatique de Gildas Salaun (voir ci-dessous, un exemplaire proche dans une vente aux enchères !).




La seconde est un alliage de cuivre, de zinc et d’argent : le billon (jusqu’à 30% d’argent!), mais surtout une monnaie presque contemporaine de 1575. (voir ci-dessous, un exemplaire proche).





 

3. Relevé 3D de l’état de la courtine nord de l’enceinte du monastère et le périmètre de l’enceinte annexe sud


Philippe Sablayrolles, enseignant en topographie à Toulouse, est venu à notre demande et sur un financement de l’association, compléter le relevé lasergrammétrique qu’il nous avait offert en 2017.

Le matériel Leica, déjà très performant à l’époque vient d’être remplacé par un appareil de la marque Trimble modèle X7. Cet appareil associé en wifi à une tablette durcie (étanche et résistante aux chocs) permet des relevés rapides et dont les différentes parties s’assemblent sous vos yeux (avec une précision dépassant rarement les 2mm) sans nécessiter un relevé topographique traditionnel (matériel qu’il avait par ailleurs néanmoins apporté !).


La demande de cette année voulait mettre l’accent sur deux aspects, l’un assez urgent consistait dans le relevé 3D de l’état de la courtine nord de l’enceinte du monastère, plus communément dénommé « Rempart nord ». L’autre devait permettre de cartographier pour la première fois le périmètre de l’enceinte annexe sud, récemment mise en évidence, englobant la seconde partie de l’école communale.



Vue 3D de l'abbatiale et de l'enclos, composée de milliers de points.
Vue 3D allégée des différents relevés effectués au scanner Trimble X7. Les pastilles blanches marquent les emplacements de l’appareil. Ph. Sablayrolles, octobre 2023.

Ces deux objectifs ayant rapidement été atteints, j’ai proposé à Philippe de compléter la documentation 3D autour de l’église abbatiale, en particulier les parties en pied de construction situées au nord, au sud et au chevet, inaccessibles en 2017 à cause de la présence des échafaudages, en profitant des nettoyages du « chemin Carrier » réalisé grâce aux bénévoles de l’association Sem&Vol ainsi qu’avec les trois équipes de scouts.


Nous avons ainsi, si ce n’est la totalité du périmètre de l’édifice, plus des ¾, permettant de rattacher les vestiges de la grotte du saint fondateur à ceux du cloître sur le flanc sud de la nef. Ces nouvelles données vont permettre d’actualiser la modélisation 3D des phases de construction de l’église abbatiale en complétant les éléments liés à la vie monastique à l’intérieur de l’enclos et son extention sud.



Philippe Sablayrolles positionné proche du rempart sud, en train d’effectuer des mesures avec son GPS sur trépied.
Philippe Sablayrolles en action, enregistrement d’un point de repère grâce à un GPS différentiel (précision de l’ordre du centimètre) en préparation pour le survol en drone équipé d’une caméra LiDAR par Archeovision prévu en février 2024.



 

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